Isaac, thriller sur fond de guerre froide à la sauce Film Noir [Critique] - JAGGS
Isaac, thriller sur fond de guerre froide à la sauce Film Noir [Critique]

Isaac, thriller sur fond de guerre froide à la sauce Film Noir [Critique]

Film noir. Très noir.
Temps de lecture : 3 minutes

LA NOTE DE LA JAGGS TEAM :

GLOBALE

2/5

COSTUMES

3.5/5

On vous prévient d’emblée : Isaac n’a pas fait l’unanimité au sein de la rédaction. 

Arythmie, aspect quelque peu décousu et, peut-être, une cinématographie lituanienne dont nous ne saisissons pas tous les codes, ont été tant de barrières à développer un quelconque engouement pour le film.

Malgré tout, Isaac et son réalisateur Jurgis Matulevičius disposent d’atouts indéniables. Mais peut-être pas utilisés à bon escient. 

Thriller fictif sur fond historique qui utilise les codes du Film Noir

La base du film : le massacre perpétré au garage Lietukis lors de la Seconde Guerre mondiale. Ça ne vous dit rien ? Nous non plus.

Pourtant, il s’agit du massacre sans foi ni loi de 68 Juifs en plein jour. Promis, nous serons plus attentifs au prochain cours d’histoire. 

Pour en revenir à Isaac, le déroulement se passe une vingtaine d’année après ce massacre, en pleine guerre froide, lorsque Gediminas (Dainius Gavenonis), réalisateur, revient avec l’ambition de faire un film sur ce massacre… dont les détails du script attirent l’attention du KGB, suspectant une quelconque implication de Gediminas dans les événements.  

Le tout se veut pensé comme un thriller qui surfe maladroitement sur les codes du Film Noir

Mais l’aspect trop “Nouvelle Vague” du film tend plutôt à nous perdre qu’à nous plonger dans un suspens insoutenable. Ce qui nous semblait pourtant intrinsèque au vu du pitch.

Un film qui s'inspire de nombreuses références

Sous plusieurs aspects, Isaac emprunte des références au cinéma et à la culture d’auteur

En bref, Isaac, c’est un peu comme si vous passiez Kafka, Fellini, Tarkovski au mixer, que vous saupoudriez d’un peu de Nouvelle Vague française mal maîtrisée et de John Huston. Mais pas dans le bon sens du terme. 

Patchwork de genres, le film se perd, tout simplement dans un exercice plus contemplatif qu’autre chose, nous laissant pantois

Dommage.

Des erreurs de premier film, mais un talent technique indéniable

Un peu à l’image du film, jonglant littéralement entre images en noir et blanc et images en couleur, Isaac se perd dans ses intentions : parfois davantage apparenté à un film d’art et d’essai qu’à une véritable histoire destinée à rencontrer un (grand) public. 

L’intrigue, confuse, dessert une esthétique qui n’a plus que sa gratuité et son côté extradiégétique. Des arguments logiquement insuffisants pour une histoire qui méritait mieux.  

Le réalisateur, Jurgis Matulevičius, n’en demeure pas moins talentueux dans cet exercice de style. On ne peut que souligner le plan séquence d’entrée de jeu qui relate le célèbre massacre, ou encore quelques essais de séquences et plans originaux. 

Mais on aurait préféré voir Isaac comme un film abouti plutôt que comme un ersatz de film de fin d’études ou le surjeu et la mise en scène théâtrale règnent. Bon, après, le réalisateur ne s’en cache pas non plus dans son interview sur cineuropa : “J’aime créer mon propre monde, un monde dont moi seul connais les règles “. On aurait pourtant bien aimé en avoir tous les codes. 

Les costumes (plus que les décors), fidèles à leur époque

Un autre point fort du film réside dans son ambiance : les années 60 sont reconstituées fidèlement – malgré quelques anachronismes comme un groupe de rock alternatif clairement d’un autre temps – notamment d’un point de vue vestimentaire. 

Le costume est en effet omniprésent, dans tous les contextes : en travaillant, pour faire la fête, à la maison… Une habitude totalement obsolète aujourd’hui ! 

L’objet “costume” n’avait donc pas la même résonance à cette époque était surtout fonctionnel. Pas – ou peu – de fioritures, donc, mais des costumes confortables qui accompagnent la vie de tous les jours. 

La cravate est évidemment l’accessoire incontournable des années 60. Presque un réflexe stylistique pavlovien. On ne mettait pas une cravate parce qu’elle était jolie ou apportait du style, mais bien parce que c’était comme ça. Un point c’est tout. 

Une manière d’utiliser la cravate qui n’est plus la même aujourd’hui

Isaac en compétition officielle au WaHFF

Le film Isaac est en compétition officielle au Festival du film historique de Waterloo et est diffusé les 15 et 17 octobre au cinéma Wellington. 

Suivez le guide pour plus d’informations.

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