LA NOTE DE LA JAGGS TEAM :
GLOBALE
COSTUMES
Spin-off du film homonyme, déjà de Guy Ritchie, The Gentlemen nous (re)plonge dans l’univers impitoyable de la criminalité britannique : gangsters en training, criminels bien sapés et sarcasmes. Beaucoup de sarcasmes.
La série se déroule dans l’univers du film The Gentlemen (sans en récupérer de personnages ou l’arc narratif), avec une toute nouvelle distribution, mêlant talents hollywoodiens et acteurs bien connus du cinéma et de la télévision britanniques.
Au final, on obtient un divertissement sans véritable originalité, qui correspond davantage à la logique de flux de Netflix et à une version édulcorée de Guy Ritchie, qu’à une vraie proposition de valeur.
Mais, au moins, les personnages ont du style.
The Gentlemen : on prend les mêmes et on recom… ah, bah, en fait, non !
La série The Gentlemen de Netflix, c’est donc la même chose – et en même temps pas du tout – que le film homonyme de 2019 réalisé par Guy Ritchie (Snatch, Sherlock Holmes) avec Hugh Grant, Matthew McConaughey et Charlie Hunnam.
Il s’agit en fait d’un spin-off (une histoire dérivée) du long métrage, reprenant les codes et l’univers de celui-ci, mais avec une panoplie de nouveaux personnages et de toutes nouvelles intrigues.
Dans The Gentlemen, Eddie Horniman, interprété par Theo James (Divergente, Underworld), hérite, à la grande surprise de tous, de l’immense propriété de son père (entre autres), et découvre qu’elle abrite… des plantations de cannabis ! Et que l’empire de son père, et donc sa famille, est aux griffes de gangsters peu recommandables.
Déterminé à sortir sa famille de leur influence, Eddie tente de jouer le jeu des gangsters. Évidemment, tout ne va pas se passer comme convenu… et il va commencer à prendre goût à son nouveau statut, pour le meilleur et, surtout, pour le pire !
Aristos vs gangsters : des personnages (trop) clichés qui nourrissent un récit cousu de fil blanc
Bon, sans surprise, on n’est pas dans le subtil avec Guy Ritchie.
Le thème fédérateur du réalisateur, la lutte des classes sociales, va donc prendre différentes formes entre gangsters en training, tueurs extrémistes et aristos déconnectés (les “Toffs”).
Des personnages exacerbés qui, malgré un casting de haut vol et des interprétations généralement très justes, tombent dans la caricature lourdingue.
Si les personnages principaux témoignent d’un vrai charisme (on pense notamment à Theo James, Kaya Scodelario et le toujours envoutant Giancarlo Esposito), certains personnages secondaires tendent à alourdir inutilement l’action. Sans parler de leurs gimmicks qui agacent plus qu’ils ne font rire, à l’instar de Jimmy, joué par Michael Vu.
Même le personnage de Freddy Halstead (interprété par le très drôle Daniel Ings) finit par s’essouffler et tomber dans un running gag qui soufre du format sériel.
Dans son déluge de personnages, plus ou moins bien écrits, Guy Ritchie nous plonge donc dans un monde où les aristocrates et les gangsters se côtoient. Et où les frontières sociales sont parfois plus poreuses qu’elles n’y paraissent.
Après tout, comme le dit si bien Oncle Stan dans la série, l’aristocratie n’est-elle pas le gangster originel ?
Le style Ritchie, moins efficace en format sériel
Pour son 1ᵉʳ essai de série, Guy Ritchie retourne aux sources de son succès et met en scène des thèmes qu’il connaît déjà par coeur. On ne vous fait pas l’affront de vous citer Arnaques, Crimes et Botanique ou encore Snatch.
Avec sa vision atypique, Ritchie nous dévoile un monde dans lequel criminels et aristocrates s’affrontent avec des résultats parfois drôles et souvent dramatiques.
Malheureusement, à l’instar d’Eddie, la série tente d’apporter ce que les spectateurs attendent d’elle. Et, comme Eddie, elle réussit plus ou moins à faire le travail.
Mais là où Eddie découvre très vite qu’il est tout à fait apte à faire le métier qu’il n’a jamais voulu faire, cette comédie dramatique ne fait qu’effleurer occasionnellement son plein potentiel.
Et c’est une véritable frustration !
Dans ses réalisations les plus divertissantes, Ritchie crée généralement des effets de style qui donne un air exaltant à ses histoires, indépendamment de la profondeur de l’histoire ou des personnages.
Ici, tout semble davantage superficiel et brille par son pusillanime latent. Un trait de caractère malheureusement trop récurrent dans le flux Netflix.
Bref, une grande partie de la série The Gentlemen s’affiche comme un pâle écho du film originel.
Les costumes : un personnage à part entière de la série
Loulou Bontemps signe l’entièreté du vestiaire de la série.
Du costume de poulet (vous comprendrez) aux trainings de Tommy Dixon en passant par la garde-robe haute couture de Susie Glass et les costumes 3 pièces à motifs Prince de Galles de Eddie.
Autant vous dire qu’il y avait du travail. Et, a contrario d’une histoire quelque peu superficielle, tous les costumes apportent un sens bien particulier aux personnages, jouant un rôle très clair dans la définition de ceux-ci.
Les costumes reflètent ainsi parfaitement les personnalités des personnages, de l’élégance d’Eddie à l’excentricité de Freddy en passant par le charisme de Susie Glass.
Mais ils suivent également l’évolution narrative des personnages, avec plus ou moins de subtilité.
On vous en dit (beaucoup) plus sur le vestiaire des personnages de la série The Gentlemen dans un prochain article.
The Gentlemen : le trailer de la série Netflix à découvrir
Vous l’avez compris, The Gentlemen, n’est pas une série innovante. Ni même originale.
Elle a le mérite d’être divertissante (ou du moins une distraction), mais se prête davantage à un dimanche cocooning (comprenez en lendemain de veille) qu’à un must watch.
On retient tout de même la qualité des acteurs et du travail opéré sur l’esthétique visuelle, à commencer par les costumes de Loulou Bontemps.
On vous laisse sur un petit avant-goût de The Gentlemen avec le trailer.
