LA NOTE DE LA JAGGS TEAM :
GLOBALE
COSTUMES
De nos frères blessés, c’est l’adaptation du roman éponyme tiré lui-même de l’histoire de Fernand Iveton : exécuté « pour l’exemple » après avoir déposé une bombe dans un local désaffecté à Alger en 1956.
Le film se centre sur la relation entre Fernand et sa femme Hélène, mêlant l’avant et l’après de ce geste fort, tout en exposant un climat politique intense et l’oppression de la colonisation française.
Une histoire d’amour, d’engagement brisée par la raison d’État qui a trouvé son écho dans le débat sur la peine de mort, impliquant notamment René Cotty et un certain François Mitterrand.
Tout un programme.
L'exécution de Fernand Iveton, une histoire oubliée de la guerre d'Alger
Alger, 1956. Fernand Iveton (Vincent Lacoste), ouvrier indépendantiste et idéaliste, est arrêté pour avoir déposé une bombe dans un local désaffecté de son usine. Il ne tue et blesse personne, mais est pourtant condamné à être guillotiné.
Une histoire oubliée, remise sur le devant de la scène il y a quelques années par Joseph Andras dans un roman qui n’est pas passé inaperçu : il a remporté le prix Goncourt du premier roman en 2016… avant d’être refusé par son auteur !
Tout comme le manuscrit originel, c’est une volonté très simple qui anime le réalisateur du film, Hélier Cisterne : « mettre en avant la déchirure entre Arabes et Européens, la volonté de l’État français de couper la tête à toute tentative de solidarité, la justice militaire punitive, la démocratie en temps de guerre, Mitterrand et la peine de mort… Un questionnement sur les notions de lutte politique, la raison d’État, la distinction entre l’intention et l’acte... »
Une adaptation fidèle… mais qui manque de panache
Si l’histoire mérite amplement son adaptation au cinéma, sa réalisation manque peut-être d’un zeste de panache.
L’ambiance de De nos frères blessés est résolument réaliste « et donne à voir la vie d’un quotidien d’engagements formulés, de doutes, de peurs inavouées. «
Mais au-delà de quelques images fortes, les personnages manquent de nous convaincre totalement. Comme si l’alchimie entre les personnages manquait d’un petit ingrédient supplémentaire, d’une étincelle… d’une certaine élégance.
On a envie d’y croire, mais la mise en scène n’est pas toujours aussi millimétrée – voire parfois totalement surfaite – qu’elle pourrait l’être et la direction d’acteur manque sporadiquement de justesse.
Le choix d’une chronologie déstructurée apporte pourtant un certain cachet à la narration, même si celle-ci reste exécutée avec beaucoup (trop) d’académisme.
Mais le film a le mérite de soulever « des interrogations politiques importantes et peu explorées au cinéma, avec une acuité et une énergie qui emportent la conviction.« Et de conter une histoire peu connue du grand public.
De nos frères blessés en compétition au WaHFF 2021
De nos frères blessés est diffusé à deux reprises le vendredi 15 octobre à 14h et à 20h30 dans le cadre du Festival du film historique de Waterloo.
Les places sont disponibles sur le site officiel du WaHFF.